fourmis temno

Les conditions d’hibernation impactent la résistance différentielle au cadmium entre colonies urbaines et forestières de fourmi

La résistance des organismes aux métaux traces peut avoir une origine génétique ou plastique. En effet, des conditions environnementales différentes rencontrées avant l’exposition aux métaux traces a un impact sur leur physiologie et augmente de manière plastique leur résistance ultérieure aux métaux traces. Dans cette étude, nous avons utilisé la fourmi Temnothorax nylanderi pour étudier si la meilleure résistance au cadmium des colonies urbaines par rapport aux colonies forestières pouvait venir des conditions d’hibernation rencontrées juste avant leur exposition au cadmium. Les résultats suggèrent que les colonies urbaines sont génétiquement adaptées aux métaux traces, mais que cette adaptation n’est révélée que sous des conditions environnementales particulières, les hivers froids ici.

Mots-clefs : jardin commun, froid, métal trace, urbanisation, insectes sociaux


Les populations vivant en milieu urbain sont confrontées à de nombreux stress (par exemple, les métaux traces) par rapport à leurs congénères non-urbain. Une précédente étude avait mis en évidence une meilleure résistance aux métaux traces de populations urbaines par rapport aux populations forestières chez la fourmi Temnothorax nylanderi. Cependant cette étude avait été menée sur des colonies prélevées sur le terrain sortant juste d’hibernation.

Les conditions d’hibernation pouvant impacter la sécrétion de facteurs anti-stress ou l’état physiologique général des individus, la meilleure résistance au cadmium des colonies urbaines pouvait donc être d’origine génétique ou plastique.

Dans cette étude, nous avons comparé la réponse au cadmium pour des colonies urbaines et forestières qui ont hiberné en jardin commun à celle de colonies ayant hiberné sur le terrain, puis nous avons étudié un certain nombre de traits des colonies en réponse à cette exposition (mortalité des adultes, des larves, taille des individus produits). Nous avons observé une réponse différentielle au cadmium entre colonies urbaines et forestières lorsque celles-ci hibernent en jardin commun, avec une mortalité larvaire moins forte et des défaut de croissance moins important chez les colonies urbaines exposées au cadmium. Cependant ce résultat n’a pas été reproduit pour les colonies ayant hiberné sur le terrain, les colonies urbaines et forestières ont été affectées de manière égale par l’exposition au cadmium. Ceci pourrait venir de l’hiver très doux rencontré l’année de notre étude.

Ce papier, publié dans Animals, a montré que les colonies urbaines résistaient mieux au cadmium lorsqu’elles ont hiberné en jardin commun en températures « froides » (4°C), soulignant un probable effet génétique dans la meilleure résistance des colonies urbaines. Cependant, l’étude de la réponse au cadmium pour les colonies ayant hiberné sur le terrain montre que cet effet disparaissait sur le terrain lors des hivers anormalement chauds, soulignant une interaction génétique x environnement..

Référence

Jacquier, L.; Molet, M.; Bocquet, C.; Doums, C. Hibernation Conditions Contribute to the Differential Resistance to Cadmium between Urban and Forest Ant Colonies. Animals 2021, 11, 1050. https://doi.org/10.3390/ani11041050

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